Pratique équestre à cheval

Première fois à cheval seule : mes conseils pour une séance sereine

Il y a une étape que l’on redoute souvent quand on commence l’équitation adulte : monter à cheval seule, sans moniteur.

Après des mois de cours, le jour arrive où il faut prendre son envol. Plus de voix au milieu du manège pour nous guider, nous corriger ou nous rassurer : cette fois, c’est à nous de construire notre séance.

Et même lorsqu’on sait monter à cheval, les premières séances en autonomie peuvent être déstabilisantes : qu’est-ce que je vais travailler ? Par où commencer ? Et si je n’arrive pas à gérer ?

Je suis moi aussi passée par cette étape. Alors, pour vous aider à profiter de ce nouveau cap sereinement, voici mes conseils pour organiser votre première séance à cheval seule, prendre confiance et surtout vous faire plaisir !

La première erreur consisterait à vouloir faire de cette séance quelque chose d’exceptionnel avec beaucoup d’exercices complexes.

L’objectif de votre première séance autonome sera au contraire beaucoup plus simple : prendre vos marques, retrouver les habitudes que vous avez acquises en cours et passer un bon moment avec votre cheval.

Gardez toujours à l’esprit que vous avez du temps devant vous et que tous les cavaliers sont passés par cette étape.

Commencez par préparer votre cheval comme d’habitude : pansage, vérification des pieds, préparation du matériel, etc. Prenez votre temps. Cette routine permet déjà de vous mettre dans de bonnes conditions avant de monter.

Installez-vous ensuite dans l’environnement où vous vous sentez le plus à l’aise, carrière ou manège. Si vous utilisez habituellement un montoir, gardez cette habitude. Une fois en selle, vérifiez la longueur de vos étriers, commencez à marcher tranquillement puis pensez à resangler.

Vous êtes en selle. Vous avez resanglé et là vient ce grand moment de solitude : vous ne savez pas quoi faire.

Commencez par ce que vous connaissez : une détente bien exécutée. D’abord au pas. Marchez plusieurs minutes partout pour prendre vos repères et observer votre cheval.

Profitez d’être au pas pour vérifier la disponibilité de votre cheval en effectuant des transitions arrêt-pas à des points précis.

N’oubliez pas de changer de main. Pour cela, fixez-vous des repères. Par exemple : partir en A, marcher sur la piste jusqu’en M, effectuer une diagonale pour changer de main. De cette façon, vous travaillerez déjà : la gestion de l’allure, le tracé, le changement de direction.

Votre cheval est détendu et disponible ? Votre cheval répond à vos demandes ? Vous arrivez à prendre vos marques ? Votre premier objectif est réalisé ? Vous pouvez donc passer au trot !

Au trot, concentrez-vous, vérifiez que vous êtes sur le bon diagonal et travaillez votre posture. Comme au pas, fixez-vous un tracé afin de changer de main régulièrement et travailler symétriquement. Vous pouvez également ajouter des transitions montantes et descendantes toujours dans l’idée de rendre votre cheval plus disponible.

Si vous vous sentez à l’aise, pourquoi ne pas galoper ? Avant de prendre le galop, pensez à bien vérifier votre sangle. Prenez le galop dans un coin pour vous faciliter la tâche et n’oubliez pas les étapes : rênes ajustées, rêne intérieure légèrement ouverte pour indiquer la direction, poids du corps légèrement à l’extérieur, jambe intérieure à la sangle et jambe extérieure reculée pour indiquer le départ. Pour cette première séance en autonomie, vous pouvez faire un tour à chaque main.

L’objectif de cette première séance n’est pas de faire compliqué, mais simplement de prendre vos marques, retrouver vos habitudes et gagner progressivement en confiance.

C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai appris avec le temps : une bonne séance ne commence pas forcément par un exercice complexe. Elle commence par un cheval et un cavalier disponibles pour travailler.

  1. Donnez-vous un seul objectif
    C’est probablement mon conseil numéro un pour une première séance seule. Choisissez un seul objectif, pas 10 et surtout pas une liste d’exercices à absolument réussir. Cela peut être : travailler les transitions, faire quelques serpentines, améliorer vos changements de direction, travailler votre position au trot, demander quelques départs au galop. L’objectif n’est pas forcément de progresser absolument pendant cette séance. Il peut simplement être de réviser quelque chose que vous connaissez déjà.
  2. Fixez-vous un temps de séance
    Pas besoin de faire une heure à cheval. Vous avez l’habitude des cours qui durent un certain temps. Mais la différence en cours est qu’il y a des « temps morts ». Vous ne faites pas que des exercices. Il y a un temps d’explication et de correction. Quand vous montez en autonomie, pas de débrief avec votre moniteur. 20 minutes bien construites peuvent amplement suffire.
  3. Ne vous laissez pas déstabiliser par les autres cavaliers
    C’est probablement l’une des choses les plus difficiles quand on commence à monter seule. Vous êtes tranquillement en train de travailler votre cercle au trot et soudain, un cavalier arrive au galop ou un autre enchaîne des barres. Vous n’êtes pas là pour faire la même séance que les autres car vous n’avez pas forcément la même expérience. Ne changez pas votre programme, vous n’avez rien à prouver.
  4. Vous avez le droit de faire une séance très simple
    Quand on monte avec un moniteur, la séance est construite pour nous. A l’inverse, quand on monte seul, c’est à nous de construire la séance. Pas besoin de transformer la séance en entraînement intensif. Vous pouvez simplement faire une grosse détente, juste pour vous familiariser avec cette nouvelle étape.
  5. Vous avez le droit de ne pas galoper
    Trop de monde dans le manège ? Votre cheval n’est pas disponible ? Le galop n’est pas obligatoire à chaque fois. Il y a des séances où serez plus en forme que d’autre tout comme votre cheval. Parfois vous serez seul et pourrez faire comme vous le souhaitez. Parfois il y aura plus de monde et mentalement, ce sera plus compliqué. Ne forcez pas les choses, faites à votre rythme et adaptez votre séance à l’environnement.

C’est probablement la partie qui peut faire le plus peur lorsqu’on monte seul et la question que nous avons tous en tête au début.

En cours, on sait qu’on peut immédiatement entendre la voix du moniteur nous dire quoi faire. Seul, il faut d’abord essayer de garder son calme et agir par étape.

Sachez qu’il n’y a pas de raison pour que votre cheval soit complètement différent lors d’un cours que lors d’une séance en autonomie. Vous vous connaissez déjà. De plus, si vous montez en autonomie, c’est que vous avez déjà acquis de nombreux repères en cours.

Par conséquent, si votre cheval accélère, se tend ou réagit d’une façon qui vous surprend, commencez par respirer et essayez de rester calme et de ne pas agir dans la précipitation.

Revenez à ce que vous savez faire et utilisez les aides que votre moniteur vous a apprises pour retrouver progressivement une allure et une situation que vous maîtrisez.

Il est généralement conseillé de se mettre sur un cercle et de le réduire progressivement pour retrouver une allure plus lente. Le fait de respirer et de vous concentrer sur un objectif précis et sécurisant vous permettra de maîtriser la situation.

Reprenez le pas tranquillement en faisant quelques tours de piste afin de retrouver une situation où vous vous sentez à l’aise et où vous pouvez redescendre en pression. Ne vous sentez pas obligé de retourner sur l’exercice prévu, vous pourrez en parler avec votre coach et afin de mieux comprendre la situation et éviter qu’elle ne se reproduise. Votre sécurité et celle de votre cheval passent avant votre programme.

Avant de monter seule, je prépare généralement des séances thématiques : l’incurvation, les cessions à la jambe, le galop en équilibre, l’extension d’encolure, etc. Je reprends des exercices effectués en cours pour retravailler des points spécifiques. J’en prépare plusieurs, ce qui me permet d’adapter en fonction de la situation et de toujours savoir quoi faire.

Je commence toujours par marcher assez longtemps et par effectuer des transitions pas-arrêt pour vérifier la disponibilité de mon cheval. Je vérifie ma sangle.

Ensuite, je passe au trot en gardant à l’esprit de travailler symétriquement. Je me fixe des repères dans le manège pour réaliser des changements de main. C’est très important pour le bien-être du cheval. Je veille à avoir un trot régulier quitte à compter à haute voix (cela permet de respirer aussi).

Si tout va bien, je vérifie ma sangle et je passe au galop. Généralement, je fais un tour à chaque main.

Tout cela constitue déjà une bonne détente (10 à 15 minutes)

Après cette détente, je choisis un seul exercice en fonction de mon envie, de mon cheval et de l’environnement. S’il y a beaucoup de monde, je privilégie quelque chose de simple qui demande peu de place. Si je suis plus tranquille, je peux travailler un point plus technique.

Et surtout si un exercice ne fonctionne pas ou si je sens que mon cheval n’est pas disponible, je ne persiste pas. Mon objectif est de toujours terminer ma séance sur quelque chose de simple mais positif.

Avec le temps et la pratique, la construction et l’adaptation du contenu des séances deviendra plus facile.

Pour conclure, si je devais vous donner un seul conseil avant votre première séance autonome, ce serait celui-ci : ne cherchez pas à prouver que vous savez monter à cheval.

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