Débuter
· 14 juin 2026 · 6 min de lecture
Ma première chute a cheval : ce qu’elle m’appris dès mon troisième cours
Quand on commence l’équitation à l’âge adulte, il y a une question qui arrive très rapidement : « Et si je tombe ? ».
Personnellement, je savais que cela finirait par arriver un jour. En revanche, je ne pensais pas que ma première chute aurait lieu aussi tôt… dès mon troisième cours d’équitation !
Avec le recul, cette expérience m’a appris beaucoup de choses sur l’équilibre à cheval, la confiance en soi et la manière dont on progresse lorsqu’on débute.

Un véritable coup de cœur pour cette jument
C’est lors de mon deuxième cours que j’ai rencontré Cocaïne, une jument à la robe atypique et de la taille de ce que j’appelais à l’époque « un vrai cheval ». Dès les premières minutes et sans pouvoir l’expliquer vraiment, j’ai eu un véritable coup de cœur.
Elle était douce, calme et rassurante même si un peu craintive. Pour une cavalière débutante comme moi, c’était exactement le genre de cheval qui matchait avec mon caractère. Je me sentais bien avec elle et tout me paraissait plus facile. J’avais l’impression qu’on s’était vite comprise.
C’est avec elle que j’ai effectué mes premières foulées de galop. Quel régal et quelle fierté !
Quand on trouve rapidement son partenaire, on a alors vite tendance à penser que finalement ce n’est pas si compliqué et qu’on maîtrise la situation. Pourtant ce sont deux choses très différentes.
Avec le recul, je pense que cette confiance naissante m’a peut-être fait oublier à quel point j’étais encore au tout début de mon apprentissage.
La chute au galop
Lors de mon troisième cours collectif, nous avons travaillé le galop sur un doubler. L’exercice était simple, nous devions venir au galop dans une zone et lâcher une main. J’étais dans un cours où certains avaient déjà fait de l’équitation et je me suis lancée sur l’exercice comme les autres.
Au bout de la ligne droite, Cocaïne a tourné (évidemment) mais moi je n’étais pas du tout prête. Et je suis tombée de tout mon poids. Ca m’a coupé la respiration. Je n’aurais jamais du me lancer sur cet exercice mais me sentant en confiance, j’ai suivi le mouvement.
Ma monitrice de l’époque a immédiatement réagi. Plus de peur que de mal. Et évidemment je n’aurais pas dû faire cet exercice. J’aurais dû me concentrer seulement sur le départ au galop. On apprend de ses erreurs.
Ce n’était pas une chute spectaculaire. La jument n’avait rien fait de particulier. Elle n’avait pas eu peur, elle n’avait pas accéléré brusquement et elle n’avait pas cherché à me mettre en difficulté. Elle s’est d’ailleurs immédiatement arrêtée à côté de moi.
Aujourd’hui, je sais qu’à cheval, l’équilibre dépend beaucoup du regard, de la position du corps et de la manière dont on accompagne le mouvement. Mais à l’époque, je n’avais encore aucune notion de tout cela.
J’avais simplement perdu mon équilibre.
Pourquoi je suis tombée ?
Avant de faire de l’équitation, je pensais qu’une chute était forcément liée à un problème ou à un comportement imprévisible du cheval.
En réalité, ma première chute était beaucoup plus simple à expliquer : je manquais d’expérience, je n’avais pas anticipé le tournant, je ne savais pas encore utiliser mon poids du corps et surtout, je me sentais déjà très en confiance avec cette jument.
Cette confiance était agréable, mais elle m’a probablement fait oublier que j’étais encore une cavalière débutante.
C’est l’une des choses que l’équitation m’a apprises : même le cheval le plus gentil du monde ne peut pas compenser un manque d’équilibre ou de technique.
Le plus difficile n’a pas été la chute
Sur le moment, tout est allé très vite et très lentement à la fois. La chute en elle-même n’avait duré que quelques secondes, mais mon corps m’a rappelé pendant plusieurs jours que tomber d’un cheval n’est jamais anodin.
J’ai eu mal pendant une bonne semaine. J’ai dû consulter un ostéopathe et utiliser des patchs chauffants pour soulager les douleurs. D’ailleurs sur la route du retour, dans ma voiture, chaque utilisation de la pédale d’embrayage était un vrai supplice. Heureusement j’habitais à 15 minutes de ce centre équestre à l’époque.
Une chute sans peur
Beaucoup de cavaliers racontent que leur première chute a créé un blocage ou une appréhension durable. Ce n’est pas ce qui s’est passé pour moi.
Bien sûr, je n’étais pas enchantée d’avoir mal au sacrum pendant plusieurs jours, mais je n’ai pas ressenti de véritable peur.
Je pense que la raison est assez simple : j’avais compris pourquoi j’étais tombée.
Je ne considérais pas cet événement comme quelque chose d’imprévu ou de dangereux. Je savais que ma chute était liée à mon manque d’expérience et à une erreur de position.
Cette compréhension m’a beaucoup aidée à relativiser.
Remonter en selle rapidement
Juste après ma chute, je suis remontée à cheval avec ma monitrice à côté. Et la semaine suivante, malgré les courbatures et les douleurs, je suis retournée à mon cours.
Je n’ai fait que du pas, mais peu importe. L’objectif n’était pas de réaliser une performance. L’objectif était simplement de continuer.
Cette reprise progressive m’a permis de conserver ma confiance et de ne pas associer l’équitation à un mauvais souvenir.
Ce que cette première chute m’a appris
Avec plusieurs années de recul, je suis contente que cette chute soit arrivée au début. Elle a fait partie de mon apprentissage. Et peut-être que grâce à cela j’en ai évité des plus dangereuses.
Elle m’a appris que l’équitation est un sport demandant de la finesse et que chaque geste compte.
Elle m’a appris que la confiance est importante, mais qu’elle ne remplace pas la technique.
Elle m’a appris que même les chevaux, même les plus gentils, ne peuvent pas faire le travail à notre place.
Et surtout, elle m’a montré qu’une chute n’est pas forcément la fin de quelque chose.
Parfois, c’est simplement une étape de plus dans le parcours d’un cavalier.
Si vous débutez l’équitation et que l’idée de tomber vous inquiète, sachez une chose : chaque expérience est différente. Mais comprendre ce qui s’est passé, prendre le temps de récupérer et remonter en selle à son rythme peut faire toute la différence.
Ma première chute a eu lieu dès mon troisième cours. Pourtant, elle ne m’a jamais donné envie d’arrêter. Encore mieux, elle a conforté mon coup de cœur avec cette jument. Et chaque vendredi pendant 4 ans, j’attendais de la retrouver, un peu déçue quand je devais monter un autre cheval.
Vous voulez préparer vos Galops ?
Testez vos connaissances avec des quiz faisant partie du programme officiel FFE


